La Métagénéalogie selon Alexandro Jodorowski

Un article de J-P H pour Généasens

 

Avant propos

Qu’est-ce donc que la métagénéalogie ? Pourquoi ne pas plutôt parler de psychogénéalogie ?

La lignée a une influence sur l’individu et partant de cette constatation, l’intérêt pour la question du lien transgénérationnel n’a cessé de croître chez les thérapeutes.

L’inconscient familial interagit avec l’inconscient personnel d’un individu pour le meilleur et pour le pire.

Pour Alexandro JODOROWSKY, la maladie pourrait être comprise comme un manque de beauté et de conscience et guérir consisterait à devenir authentiquement soi.

Dans ce livre organisé comme un conte initiatique, l’auteur se réfère souvent au tarot, modèle symbolique de travail sur soi, pour permettre au lecteur d’avancer dans le compréhension et la guérison de son arbre généalogique.

De l’art à la Thérapie

JODOROWSKY a obtenu son baccalauréat en 1947.

Après un passage par l’université, JODOROWSKY décide de se consacrer aux marionnettes. Ses présentations étaient des psychodrames où les marionnettes représentaient son père, sa mère, ses sœurs….Selon lui, de nombreuses mémoires sont inscrites dans notre corps et cela peut-être même alors que nous étions encore fœtus dans le ventre de notre mère.

J’avais déjà l’impression que certains mouvements réveillaient en moi la dépression de ma mère ou la peine de l’exil héritée de mes grands-parents.

En 1979, à l’âge de 50 ans, JODOROWSKY se décide à construire un système thérapeutique et artistique fondé sur l’étude de l’arbre généalogique.

JODOROWSKY a lu BACHELARD et son analyse des éléments primordiaux mais aussi JUNG et « La métamorphose de l’âme et de ses symboles ».

Il partit ensuite faire du théâtre au Mexique et finir par du théâtre thérapeutique : il ne travaillait plus avec des acteurs désireux de se fondre dans des personnages mais avec des êtres humains qui se sentaient détournés de leur essence par la famille, la société et la culture  et qui cherchaient à quitter leurs masques pour trouver leur personnalité véritable, leur être ESSENTIEL.

Ces expériences donnèrent naissance à une technique thérapeutique que JODOROWSKY a appelée PSYCHOMAGIE consistant à mettre en scène un acte curatif pour libérer un blocage inconscient.

Avec ces actes, il s’opposait à l’attitude psychanalytique qui consiste à transformer le langage de l’inconscient (rêves, actes manqués, synchronicités) en langage articulé et en explications rationnelles. La parole révèle un problème mais ne le guérit pas. Les seules paroles capables de guérir l’inconscient sont la prière et l’incantation. De même que l’inconscient accepte les placebos, il accepte les actes métaphoriques

JODOROWSKY passe ensuite au cinéma avec pour objectif l’enrichissement de la conscience du spectateur : il voulait que le spectateur ayant vu son film en soit transformé pour sa vie entière.

A cette époque, il se passionnait pour René GUENON et son analyse de la symbolique traditionnelle.

Pour guérir, l’approche scientifique ne suffit pas. Pour guérir, il est nécessaire que le patient devienne ce qu’il est véritablement et se libère de l’identité acquise, c’est-à-dire ce que d’autres ont voulu qu’il soit. Toute maladie provient d’un ordre reçu dans l’enfance qui nous contraint à réaliser quelque chose qui ne nous correspond pas. Les maux, les dépressions, les phobies et les peurs résultent d’un manque de conscience, d’un oubli de la beauté, d’une tyrannie familiale, du poids d’un monde accablé de traditions et de religions obsolètes.

Prendre conscience

Il est impossible de se connaître soi-même si on ne connaît pas l’héritage matériel et spirituel d’au moins quatre générations d’ancêtres.Dès 1929, JUNG nous disait que l’intellect peut être un ennemi de l’âme. On ne peut réduire l’inconscient à des explications scientifiques.

Aucun diplôme ne peut garantir la compétence d’un psychothérapeute. Permettre à l’autre de guérir suppose non seulement de comprendre de quoi il souffre mais encore de mettre à sa disposition les moyens nécessaires pour lui permettre de changer.

Trop souvent le prétendu thérapeute n’est capable que d’aboutir à un diagnostic.

Comment servir et être utile ? Comment ne pas se borner à expliquer les maux du patient mais encore lui fournir de véritables clés pour sa guérison ?

On confond généralement la Conscience avec ce dont nous sommes conscients.

Pour Freud, il existait une zone mentale non consciente qui était le siège des pulsions primitives, des traumatismes et des souvenirs personnels ou collectifs. Dans cette définition, l’inconscient serait donc la présence constante du passé.

Et si l’univers était mû par une finalité consciente, qu’en serait-il des projets futurs nichés au sein de la matière avant même l’apparition de la vie ?

L’inconscient serait donc :

  • Une zone comprenant les expériences du passé y compris nos vestiges animaux que nous continuerions d’appeler l’INCONSCIENT
  • Une zone contenant en puissance les possibilités de mutation susceptibles de nous faire évoluer, perceptible dans des états prophétiques ou poétiques, que JODOROWSKY appelle le SUPRACONSCIENT.
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Le MOI individuel et le NOUS cosmique ne peuvent s’unir que dans la Conscience.

C’est l’idéal qui est proposé par l’alchimie sous une forme symbolique lorsqu’elle se donne pour but de spiritualiser la matière et en même temps matérialiser l’esprit. Atteindre un niveau de conscience élevé demande des efforts tenaces, continus, intenses pour mourir à soi-même et renaître  transfiguré sans plus se définir comme rationnel ou irrationnel, jeune ou vieux, femme ou homme. Aucun nom, aucune nationalité ne vient plus limiter notre existence désormais impersonnelle. Nous n’établissons plus de barrière entre l’humain et le divin.

Chaque être humain serait donc capable de développer une Conscience infinie.

Dans cet état d’esprit, on pourrait même imaginer que le rythme est antérieur à la vie, à l’organe. Dans ces conditions, le battement ferait exister le cœur et dès lors, pourquoi ne pas en déduire que ce n’est pas le cerveau qui génère la conscience mais au contraire, qu’il n’est qu’un instrument réceptif d’une Conscience universelle toute puissante, d’un mystère insondable que nous oserions qualifier de divin.

Tout individu est le produit de deux forces :

  • la force d’imitation dirigée par le groupe familial qui agit depuis le passé
  • la force de création pilotée par la Conscience universelle depuis le futur.

Dès les premiers instants de son individuation en tant que fœtus, la Conscience subit le conflit entre créer et imiter. Les âmes créatrices sont rares, les âmes imitatrices sont légion. Les premières doivent apprendre à communiquer et semer leurs valeurs, les secondes doivent se libérer de leurs moules et apprendre à créer, c’est-à-dire à être elles-mêmes et non ce que la famille, la société et la culture ont voulu qu’elles soient.

Chacun d’entre nous est donc confronté à :

  • son être CULTUREL formé par ceux qui l’ont éduqué. On nous a enjoint d’exercer telle profession, de pratiquer telle religion, d’adhérer à telles idées politiques. Le cerveau a tendance à mettre en œuvre ces injonctions probablement programmées par l’inconscient individuel.
  • son être ESSENTIEL programmé par le SUPRAconscient qui déploie dans l’esprit des aspirations sublimes, des désirs de rendre le monde meilleur.

Etre essentiel et être culturel s’entremêlent sans cesse, tantôt pour s’aider tantôt pour entrer en conflit.Deux champs d’énergie qui bien qu’ils s’opposent sont complémentaires.

Dans le présent, l’esprit qui se matérialise coexiste avec la matière qui se spiritualise, le supraconscient avec l’inconscient, l’intention de réaliser  le futur avec celle de répéter le passé.

C’est l’étude de l’arbre généalogique sous ce double aspect simultané et complémentaire, trésor et piège, que JODOROWSKY a  appelé métagénéalogie.

Les bases de la théorie d’Alexando Jodorowsky.

Le présent comme seule réalité, l’unité comme vérité ultime de l’être

La métagénéalogie n’est pas une thérapie au sens classique du terme. Ce n’est pas le traitement d’une maladie mais un travail de prise de conscience qui suppose à la fois la compréhension des éléments du passé qui nous ont formés et l’ouverture à une impulsion future à laquelle nous devrions donner une forme. Nous devons changer notre conception du temps et nous libérer des concepts de passé (avant), de présent (maintenant) et de futur (ensuite). Nous ne vivons que dans le présent et nous sommes fondamentalement une unité.

Deux concepts : Intention et Attention.

  • L’attention consiste à spiritualiser la matière en concentrant la conscience sur les actions corporelles :  mouvements, sensation, ouïe, vue…Le corps cesse d’être un véhicule et devient le lieu de notre présence au monde.
  • L’intention d’une action physique, son idée, se traduit en la propagation d’un influx nerveux : le processus intentionnel figure bien une matérialisation de l’esprit. Pourrait-on alors imaginer activement une réalité future  pour lui permettre de se manifester dans notre vie ?

Alchimie, répétition du passé et projet d’avenir.

L’alchimie doit être comprise comme une référence métaphorique du travail sur soi. En effet, elle renvoie à la transformations des matières viles (névroses, blocages et abus) en matière précieuse : conscience, présence et liberté d’être que l’on peut traduire en conception métagénéalogique :

  • Matérialisation de l’esprit pour réaliser un projet FUTUR, créer un trésor, rejoindre le supraconscient.
  • Spiritualisation de la matière pour tomber dans le piège de l’imitation, répéter une formation PASSEE stockée dans l’inconscient individuel.
  • Libération de l’angoisse du PRESENT en lâchant ce qui est sûr pour ce qui est incertain: nous devons être capables de PERDRE des biens, l’être aimé, un territoire, des attributs physiques ou psychiques que nous lions à notre identité et accepter notre transformation perpétuelle.
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Apport du Tarot de Marseille.

Selon JODOROWSKY, l’apport du Tarot de Marseille comme outil à penser est essentiel dans l’exploration de l’arbre généalogique. C’est une formidable architecture symbolique, une numérologie dynamique qui résume en dix degrés des cycles d’évolution successifs :

  • UN : potentialité / puissance / une énergie / la graine d’où émergera l’arbre futur : Tout est en puissance. [En mode REGRESSIF : ne commence jamais rien]
  • DEUX : gestation / arrêt / accumulation des forces, des données /un état stable qui prépare une éclosion. [En mode REGRESSIF : étouffé dans l’œuf]
  • TROIS : éclatement créatif ou destructeur / on agit sans savoir où l’on va / puberté. [En mode REGRESSIF : explosif, improductif, agressif, envahissant]
  • QUATRE : stabilité / équilibre / le monde se consolide / les conditions de vie sont rassurantes. [En mode REGRESSIF : dictatorial, étroit d’esprit, psychorigide]
  • CINQ : tentation / nouveau regard /  toutes les explorations commencent à ce niveau où l’on est tenté de quitter le connu pour découvrir d’autres horizons. [En mode REGRESSIF : trompeur, débouchant sur le néant]
  • SIX : beauté et joie comme principes de réalité / c’est une nouvelle conception de vie centrée sur la beauté. Dans la croissance végétale, c’est la floraison préparant l’éclosion du fruit. [En mode REGRESSIF : narcissique et complaisant / le fruit sèche sans fructifier]
  • SEPT : action dans le monde / l’expérience des degrés précédents ouvre à une action FORTE, non plus seulement individuelle et inexpérimentée comme au degré 3 mais collective et ancrée dans le monde : on agit en sachant où l’on va. [En mode REGRESSIF : action pour action, ego démesuré et destructeur]
  • HUIT : perfection /  le 8 représente une perfection qui se déploie sans avoir elle-même à agir / rien à ajouter ni à enlever. [En mode REGRESSIF : perfectionnisme / immobilisme]
  • NEUF : crise de passage / abandon de la perfection pour entrer dans un nouveau monde encore  inconnu / stade de toutes les crises annonçant un nouveau cycle.[En mode REGRESSIF : solitude / agonie
  • DIX : la totalité réalisée /  il n’y a plus d’énergie mais une immense expérience / stade symbolisant le moment où l’ancien et le nouveau coexistent, c’est le moment où tout finit et tout commence. [En mode REGRESSIF : cycle bloqué /  incapacité d’évoluer]

L’être humain est en évolution constante.

Chaque individu est le produit de deux forces : la force d’IMITATION, dirigée par le groupe familial et la force de CREATION, issue de la conscience universelle

Des inconscients multiples s’emboîtent de manière concentrique passant de l’inconscient individuel à des inconscients collectifs de plus en plus vastes (familial, sociétal, ..) pour aboutir à un inconscient cosmique et pourquoi pas DIVIN.

L’arbre généalogique soumis aux pressions de la société et de la culture nous « sculpte » par le biais des forces d’imitation, de répétition, de conformité, de tradition. Le travail de la conscience individuelle consiste à dissoudre les limites qui ne correspondent pas à notre personnalité véritable pour pouvoir accomplir un projet inédit.

L’étude de notre arbre aura pour objet d’identifier les formations et déformations imposées à notre être essentiel. Le passé cherche à imposer un sens au futur mais c’est en réalité le futur qui donne un sens au passé en lui accordant une signification nouvelle. Dès que l’on cherche à introduire dans son arbre une information nouvelle, des résistances vont se manifester sous la forme d’obstacles divers. Dans un premier temps, ces obstacles vont paraître insurmontables. Mais comme dans les légendes et les mythes, nous devons nous y confronter pour les transformer en étapes de notre propre libération.

L’être humain avance en triomphant d’obstacles successifs. C’est en se soumettant à une discipline de fer que le champion triomphe. Sur le chemin e la réalisation, les forces répétitives de l’arbre, de la société et de la culture vont opposer à la personne en chemin vers elle-même une multitude d’obstacles dont le premier sera le moi personnel avec ses idées reçues, ses angoisses, ses blessures.

Face à ces obstacles, nous avons deux possibilités :

  • soit réagir en appliquant une recette plus ou moins efficace issue du passé, en nous comportant en héritiers
  • soit nous en remettre à la Conscience, à la créativité, à ce qu’il y a de plus haut et de novateur en nous, trouver une solution INEDITE dont la source est la Conscience Universelle.

Les leçons des cultures dites « primitives » et de la magie traditionnelle.

La réalité et le rêve sont deux instances du cerveau humain intimement mêlées et en cas de situation difficile, une stratégie de résolution est de considérer rationnellement la réalité comme un rêve et se demander devant une situation traumatisante : « pourquoi suis-je en train de rêver cette situation ? »

Par ce passage d’une perspective à l’autre, il devient possible dans un rêve éveillé d’imaginer un dénouement idéal, une solution inédite, dont l’influence se fera sentir dans la réalité.

De nombreuses pratiques spirituelles encouragent le travail sur le rêve lucide, c’est-à-dire la capacité de la conscience à l’état de veille de pénétrer l’univers du rêve pour en gouverner le déroulement.

L’apport des cultures dites « primitives » est particulièrement pertinent  quand on s’intéresse au phénomène de la possession. Les cultures chamaniques manifestent par exemple des phénomènes de possession quand une entité s’exprime à travers le prêtre qui peut être visité par un animal, une plante ou encore un dieu.Pour désamorcer des possessions, la prise de conscience seule ne suffit pas et il faut adjoindre des techniques thérapeutiques issues de modes de guérison populaires, chamaniques et magiques parmi lesquelles :

  • Le massage initiatique : le corps est considéré comme le dépositaire du passé et comme le véhicule de la Conscience (et donc comme un corps essentiel parfait). Le massage initiatique se propose de donner au corps la possibilité de se libérer des informations inutiles et néfastes du passé et d’intégrer les informations manquantes lui permettant de se réaliser comme corps de Conscience.
  • Le psychorituel : on joue comme au théâtre une situation destinées à guérir des marques du passé et intégrer des informations manquantes. Le psychorituel le plus important concerne notre gestation et notre naissance.
  • La psychomagie : via un rêve éveillé, on accomplit de manière inoffensive une fixation irréalisable de l’inconscient (désir de meurtre, d’inceste,..) ou encore on intègre des informations et des qualités positives en incarnant un personnage héroïque
  • Le psychochamanisme : il doit être pratiqué par un officiant compétent imitant les interventions traditionnelles des chamans pour agir directement sur l’inconscient corporel ou « corps fantôme ».

Qui suis-je ?  Des quatre ego à l’Etre essentiel.

Toutes les voies de développement personnel partent de l’EGO, passent par le moi transpersonnel et aboutissent au Moi essentiel (que l’on pourrait aussi appeler le SOI ou le Dieu intérieur : instance en nous qui vit dans l’unité).

Un des éléments essentiel pour entreprendre ce travail  est la volonté de se trouver, de devenir véritablement soi-même. Cette volonté est généralement encouragée par l’exemple de personnes plus avancées sur la recherche du chemin du moi authentique et qui manifestent des qualités de générosité, d’ouverture et de sagesse.

Tout ce qui est « MOI » renvoie d’une manière ou d’une autre à l’attachement, à la privation de liberté, à l’impossibilité d’une recherche vraiment indépendante car nous continuons à nous plier aux schémas existentiels imposés par la famille.

Le travail sur soi commence souvent par la prise de conscience d’une souffrance qui ne peut être dépassée  que dans le transpersonnel : nous ne sommes pas isolé de tout. Puis vient l’heure des résistances : on renâcle à changer car les besoins personnels entrent en conflit avec les besoins transpersonnels. Le moi transpersonnel prend conscience de ses limites : « Il n’est rien, il ne peut rien, il ne sait rien. » et il finit par rencontrer sa source, le SOI, qui lui dit : «  je suis tout, je peux tout, je sais tout. ». Dans ce centre unitaire total, il n’y a pas de vieillesse : c’est la jeunesse éternelle. Il n’y a pas d’ignorance : c’est la sagesse totale. Il n’y a pas d’individualité : c’est la totalité unie.

Il ne s’agit pas pour autant de se croire un ELU ou le dépositaire exclusif de la Conscience unifiée qui est avant tout un trésor universel à disposition de tous : c’est le PIEGE dans lequel tombe le gourou et parfois même le saint.

Quand une personne arrive à se dissoudre dans l’ETRE essentiel, il se produit comme dans les Evangiles, ce que l’on appelle une « transfiguration » qui peut être permanente ou simplement ponctuelle.

Il nous reste à distinguer les différents EGO que nous devrons dépasser pour atteindre à cette transfiguration. Pour ce faire, nous allons nous baser sur la subdivison en QUATRE énergies qui  manifestent à la fois le moi individuel et le moi transpersonnel :   corps / besoins ;  libido / désirs ; émotions / sentiments ;  intellect / pensées.

Nous en déduirons QUATRE EGO : corporel, sexuel et créatif, émotionnel, intellectuel, chacun d’eux présentant deux versants : personnel et transpersonnel :

Ego corporel :

  • Versant personnel : il aspire à l’immortalité, à la santé infaillible, à la jeunesse éternelle, à l’abondance et à la richesse.
  • Versant transpersonnel : il accepte la maladie , la vieillesse et la mort en réalisant que l’humanité est immortelle. Il n’est pas soumis aux besoins inculqués par la publicité et la culture.

Ego sexuel et créatif :

  • Versant personnel : il veut tout posséder, tout créer, il veut être le meilleur amant, le plus grand artiste : il cherche la satisfaction et la victoire.
  • Versant transpersonnel : il apprend à limiter ses appétits et à collaborer à des actes de création collective en réalisant que ce qu’il crée ne lui appartient pas et qu’il n’est qu’un canal, un vecteur de transmission : c’est l’art sacré, la sexualité comme moyen d’union avec le divin.

Ego affectif :

  • Versant personnel : il veut aimer exclusivement et être aimé à l’exclusion de tous les autres : il confond l’amour avec la possession.
  • Versant transpersonnel : il comprend que l’amour est universel et apprend à transmettre ce qu’il reçoit. Il fait l’expérience d’un amour sans possession où tout autre est le même que moi ( amour christique ).

Ego intellectuel :

  • Versant personnel : il veut tout expliquer, tout contrôler, tout décortiquer. Il tient à ses croyances, à ses opinions et craint par-dessus tout la folie.
  • Versant transpersonnel : il apprend à se taire et à écouter. Il renonce à tout comprendre et comme le saint Ramakrishna, au lieu de se noyer dans un flot de paroles incessantes, il trouve son essence véritable dans la vacuité.
  • 

l’ETRE ESSENTIEL n’est le privilège de personne mais le bien de tous.

Tel est le message de toutes les grandes traditions spirituelles.

Voir aussi bibliographie

  • Métagénéalogie
    Alexandro JODOROWSKY
    Marianne COSTA
  • Vos réactions

    Commentaire de Noëlle Le Dréau | 14/08/2012

    La théorie métagénéalogie de Jodorowsky nous invite à remettre en perspective les échos du passé dans le quotidien présent, et autres influences spacio-temporelles, sous des formes métaphoriques, et d'en pressentir voire ressentir le "d'échos-d'âge"... ou décodage, afin de ne plus porter le poids des lacunes et chocs émotionnels du passé. Et qu'ils ne se reproduisent pas.

    Ceci est un des axes majeurs qu'explique partiellement et prouve la psychogénéalogie. Chaque postulat des différents ténors de la profession s'accorde au moins sur ce point là ! Une grande avancée de cette théorie vient également de prouver biologiquement le phénomène (Les traumastismes laissent une trace dans l'ADN, Université de Genève)

    Cependant, il arrive que le "soigné" ne puisse se sentir "libéré du poids des traumas du passé" malgré un décodage paraissant juste et logique. Il peut être resté bloqué par des croyances anciennes et limitantes bien implantées, des comportements intégrés qui en sont les conséquences. Effectivement, la volonté de changer ne suffit pas toujours pour changer ! Hélas, et un acte symbolique peut faciliter le passage, être un excellent outil pour parvenir à lâcher ses peurs, et se sentir devenir apte désormais à reconstruire sa propre personne.

    Dans "Heureux qui communique", Jacques Salomé favorise cette prise de conscience de la métacommunication, nécessaire à toute personne en cours de changement et à tout accompagnant qui doit avoir lui-même fait un travail personnel avant de consulter et constituer sa "trousse à outils". 

    En qualité de "soignant" formateur artiste, Jodorowsky quant à lui, impose à chaque personne en demande un acte symbolique spécifique, qu'il appelle psycho-magique, un acte toujours singulier (excentrique...certains, des plus étranges sont décrits dans son livre). La plupart des stagiaires de Jodorowsky comme ceux d'autres thérapeutes, consultent "pour aller mieux", et vivre un peu de magie dans leur vie, et non pas de "m'agis", c'est à dire "je m'agis moi-même, je mets en route un processus de changement libérateur à partir de mon ressenti, ma propre créativité et non par le truchement d'un autre, le thérapeute, auquel je prête des qualités de toute-puissance sur moi !

    Ainsi le jeu pervers de la dépendance peut s'installer.... la plupart des stagiaires se prêtent à l'exercice.

    Je ne peux personnellement cautionner le mode opérationnel du thérapeute ou formateur ou artiste ou psychogénéalogiste tout-puissant ... même si je trouve les actes psychomagiques de Jodorowsky des plus huluberlus (cf le livre de Jodorowsky), et parfois dépassant des limites de respect de la personne, je crois dangereux le fait d'imposer à un soigné de réaliser tout acte qu'il n'aura pas lui-même choisi après qu'il se soit révélé intimement à lui, et que, confronté à cet élément, il l'ait lui-même élaboré. 

    Je préfère, et de loin, une éthique régulatrice dans tout mode opérationnel de "relation d'aide à la personne".

    Celui de Carl Rogers, — psychologue humaniste américain qui a surtout œuvré dans le champ de la psychologie clinique avec son approche centrée sur la personne qui met l’accent sur la qualité de la relation entre le thérapeute et le patient (écoute empathique, authenticité et non-jugement) — nous invite à nous centrer sur la personne et non sur le problème, car ceci aurait pour effet de mélanger les rôles, certains accompagnants, dans leur toute puissance, se donnant le droit, alors, de chercher une solution au problème en lieu et place du "soigné". Carl Rogers démontre que l’individu est capable de se diriger lui-même et affirme que « tout individu possède un potentiel suffisant pour gérer tous les aspects de sa vie ». Dès lors, le rôle du soignant est de l'aider à trouver cette capacité. Il ne peut ni dire ni faire à la place du soigné, mais tout faire en écoute et reformulation centrée sur la personne, pour participer à faire émerger de celui-ci, une capacité existante qu'il a en lui, la plupart du temps sans le savoir ! C'est donc de l'être soigné que doit émerger l'acte symbolique à mettre en place s'il ressent comme intéressant d'élaborer lui-même ce sujet pour une prise de conscience et mise en mouvements d'un processus de changement. Le rejet systématique de la symbolisation est aussi d'actualité chez certains psychothérapeutes.

    A chacun d'apprécier. Cependant, j'ai pu vérifier nombre de fois, pour moi-même et en cabinet, de l'efficacité des actes symboliques réalisés en parfaite éthique et respect de la personne.

     

    Noëlle Le Dréau

    Commentaire de marie thérèse clément | 28/10/2014

    bonjour,depuis des années ,je cherche à savoir qui je suis ,j'aimerai savoir ,comment faire cesser la parlotte du mental ,car il m'arrive de ne pas en dormir.si vous pouviez me venir en aide ,elle serait le bienvenu.

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