Article pubié le 21 avril 2013

Le néologisme incestuel a été créé par Paul-Claude Racamier, psychiatre et psychanalyste, dans les années 1980-1990, à l’occasion d’un livre intitulé *L’inceste et l’incestuel".

Sous ce terme Racamier décrit une psychopathologie laissée dans l’ombre avant lui mais cependant extrêmement répandue. L’incestuel correspond à une atmosphère familiale particulière qui n’aboutit pas nécessairement à un passage à l’acte sexuel, mais qui laisse chez les enfants qui en sont victimes une empreinte responsable d’un certain nombre de troubles psychiques ou sexuels de l’âge adulte.

Qu’est-ce que l’incestuel ?

Les gestes considérés comme banaux, dès lors qu’ils sont intrusifs et instaurent un climat érotisant, deviennent incestuels. C’est le cas de l’exhibitionnisme répétitif d’un des parents (ou des deux) au delà des 6/7 ans de leurs enfants, ou des microtraumatismes à répétition tels que le décalottage abusif des petits garçons, le récurage du sexe des petites filles sous prétexte de propreté, ou l’introduction du doigt maternel dans l’anus de sa fille pour la soulager de sa constipation. Le parent s’approprie le corps de son enfant sans le différencier de lui-même en toute bonne foi, sous couvert de principes éducatifs ou pour la santé de son enfant. Le parent n’est pas forcément conscient, ni de son érotisation si c’est le cas, ni des dégâts infligés à son enfant.

La complicité des autres ?

Il n’est pas rare d’entendre des cas de climats incestuels qui se sont mis en place sous l’œil bienveillant de l’entourage qui a souvent fait mine de ne pas voir. La négation de l’incestuel (tout comme celle de l’inceste) est assimilé à une deuxième trahison. D’une part la protection attendue n’a pas été au rendez-vous. D’autre part, une chape de culpabilité se met en place car la personne concernée se surprend à penser qu’elle a exagéré les événements.

Maladresses à proscrire

Souvent les enfants ne connaissent de référentiel que celui de leur propre famille et pensent qu’il s’agit-là d’un modèle légitime. Il est de bon ton d’être attentif sans excès aux signes pouvant traduire un certain mal-être chez son enfant.Il peut y avoir de la maladresse car certains parents ne voient pas grandir leurs enfants, une absence de sensibilité ou une envie de trop bien faire. C’est là qu’il faut être vigilant. Si l’adolescente montre sa gêne, que le fils détourne le regard de sa mère dénudée, que l’enfant devient tout-puissant, il est important de saisir ces signaux. C’est dans la répétition de ces actes gênants que prend naissance l’incestuel, qui se différencie là du geste banal du parent convaincu de bien agir. Ce dernier cessera toute activité visant à mettre l’enfant mal à l’aise, alors que celui qui est pris dans l’incestuel, ignorera le mal-être de l’enfant

Commentaires

Commentaire anonyme

Publié le 25 juin 2014

ceci me parle énormément et le mot "incestuel" est celui qui me manquait pour exprimer ce que je ressens. c'est plus clair, je progresse...