Un documentaire de UNIVERSITÉ DE GENÈVE

Un traumatisme psychologique dans l’enfance peut laisser une cicatrice génétique chez l’adulte. C’est ce qu’ont découvert une équipe de chercheurs genevois en examinant l’ADN d’adultes souffrants de troubles psychiatriques.

En collaboration avec le département de génétique et de développement de l'université de Genève, le groupe de recherche du Professeur Alain Malafosse au sein du département de psychiatrie a ainsi démontré que l’association entre maltraitance infantile et certaines pathologies adultes résultait d’une modification des mécanismes de régulation des gènes. Leurs travaux sont publiés dans la revue Transnational Psychiatrie.

101 sujets adultes souffrant d’un trouble de la personnalité borderline, caractérisé notamment par une instabilité dans les relations interpersonnelles, les émotions et l’impulsivité ont participé à l’étude. En examinant leur ADN, issu d’une simple prise de sang, les chercheurs ont observé des modifications épi génétiques, c’est-à-dire dans les mécanismes de régulation des gènes chez les participants ayant été maltraités durant leur enfance (abus physique, sexuel et émotionnel, carences affectives,…).

C’est la première fois que l’on voit un lien aussi clair entre un facteur environnemental et une modification épigénétique.

Dr Ariane Giacobino du département de génétique et de développement - UNIGE.

Plus la maltraitance a été sévère durant l’enfance, plus ce lien et fort et plus la modification est importante.

Commentaires

 
Commentaire anonyme

Publié le 08 février 2012

L'épigénétique est le domaine qui étudie comment l'environnement et l'histoire individuelle influent sur l'expression des gènes et plus précisément l'ensemble des modifications transmissibles d'une génération à l'autre et réversibles de l'expression génique sans altération des séquences nucléotidiques.
Une étude menée par le généticien clinique Marcus Pembrey (Institut de la santé infantile, University college de Londres) et Lars Olov Bygren (Université d'Umea, Suède) a été faite sur une population dont étaient référencés tous les individus ainsi que leur alimentation en fonction des récoltes. Cette étude a montré qu'une grand-mère ayant vécu une famine transmet cette information à sa descendance et par conséquent modifie l'ADN de son petit-fils qui peut développer des maladies alors qu'il n'a jamais connu de famine.
De même, selon des recherches de Gerard Essed et Rachel Yehuda, les femmes enceintes durant les événements du 11 septembre 2001 ont montré que l'enfant possédait un taux de cortisol plus élevé.

Ce phénomène impliquerait que certaines maladies ne sont pas dues à une variation de la séquence d’ADN mais peut-être à des épimutations. Les mécanismes épigénétiques constitueraient de nouvelles cibles pour la mise au point de médicaments spécifiques. En attendant cette confirmation, nous pouvons déjà reconsidérer notre hérédité et défendre l’idée que nous ne sommes pas que le pur produit de nos gènes.