Article pubié le 16 février 2016

Lors d’une enquête psychogénéalogique et d’une analyse transgénérationnelle, des signes peuvent surgir à tout moment pour nous éclairer, nous prévenir et nous guider

Soyons attentifs à ces synchronicités !

Définition de la synchronicité

L'ouvrage "SYNCHRONICITE: Le rapport entre physique et psyche de PAULI à JUNG" de Massimo TEODORANI, Docteur en physique stellaire, traite du principe de synchronicité, phénomène mystérieux qui accompagne l'homme dans son histoire de tous les jours . La synchronicité est généralement connue pour rattacher l'état d'âme particulier d'un individu à un fait simultané , riche de sens pour la conduite de sa vie. Selon l’auteur, la synchronicité n'est ni affaire de coïncidence ni l'illusion d'un enfant qui n'aurait pas grandi mais elle a sa racine scientifique dans l'esprit de deux grands génies , le célèbre psychanalyste JUNG et le prix nobel de physique (1945) PAULI, qui se rencontrèrent probablement par synchronicité.

Ainsi JUNG et PAULI unirent leur savoir respectif et parvinrent à la conviction intime que la synchronicité est non seulement un phénomène qui unit le psychisme et la matière mais qu'elle nous révèle que l'univers n'est pas le fait du hasard mais qu'il est, au contraire, structuré pour la vie et la conscience.

Dans tous les cas, la synchronicité survient comme un rapport concomitant d'événements sans lien de cause à effet. Elle s'accomplit de façon plus spécifique lorsqu'un événement coïncide avec une pensée ou un état d'âme : c'est alors une véritable interaction entre l'esprit et la matière.

Avant que la synchronicié ne fut définie comme concept jungien

Les recherches de JUNG placèrent les racines de l'esprit humain ainsi que l'origine des archétypes et des phénomènes de synchronicité dans l'inconscient collectif. Durant longtemps, la manifestation de faits synchrones, de coïncidences signifiantes, fut interprétée comme un signe divin. Les alchimistes déjà avaient imaginé la vraisemblance d'une union synchrone entre l'esprit et la matière.

Le Yi Jing ou livre des changements de même que les tarots sont quant à eux rangés dans les pratiques divinatoires. On semble plus nuancé avec les mandalas. Ces représentations géométriques seraient censées refléter comme un miroir l'ordre intérieur d'un individu en liaison avec un ordre universel invisible: un homme en regardant un mandala devrait percevoir de façon synchrone une harmonie qui est aussi en lui.

Jung commence à étudier le phénomène de synchronicité

JUNG a noté un rapport indiscutable entre le contenu des rêves, d'étranges événements. concomitants et le retour du patient à un état de santé psychique. Dans ce contexte, le patient devenait le moteur de sa guérison dès lors qu'il se rendait compte du sens symbolique de ses rêves et de leur effet libérateur sur les troubles psychiques.

Jung fut sensibilisé pour la première fois au phénoméne de synchronicite lors d'un échange tendu avec FREUD au cours duquel une armoire craqua violemment... Que s'était-il donc passé ?

Une relation synchrone avait-elle été établie entre les sentations de JUNG, agressé par Freud, et le monde extérieur ? Les sensations de Jung avaient-elles été extériorisées ? Le monde extérieur avait-il simplement répondu à la place de JUNG afin de communiquer à FREUD ce que Jung essayait de lui dire? Peut-être était-ce là un exemple clair de synchronicité, une espèce d'aide du ciel, pour tenter de convaincre son interlocuteur. Nombreux sont ceux qui considèrent aujourd'hui ces coïncidences signifiantes comme une force transcendentale agissant comme une colle cosmique capable de relier des événements apparemment accidentels en un dessein cohérent et plein de sens.

Une synchronicité consiste en deux facteurs associés :

  • une image inconsciente qui pénétre la conscience directement ou indirectement sous forme de symboles, de rêve, d'idée ou de prémonition
  • une situation objective qui se vérifie réellement dans le quotidien et qui coïncide avec l'annonce évoquée ci-avant.

Et nous voilà obligés d'accepter que deux événements, en particulier ceux où l'observateur peut entrevoir un profond sens symbolique, ne soient pas liés de façon causale bien que présentant une signification commune. Des événements simultanés apparaissent dès lors comme caractérisés non par un principe de causalité mais par un principe purement créatif et mystérieux.

Si l'on accepte cela, l'observateur et l'observé se fondent en un tout synchrone.

La synchronicité survient comme une coïncidence d'événements dans l'espace et dans le temps, comme quelque chose qui va bien au-delà du pur hasard. Il s'agit d'une interdépendance particulière entre des événements objectifs et l'état subjectif de l'observateur. JUNG

Il est évidemment impossible d'expliquer les phénomènes de synchronicité en se servant des lois communes basées sur la rationalité et le principe de causalité. Seraient-ils alors l'expression de lois spécifiques que révèleraient un monde de symboles, de formes, de rapports qui transcendent toute division entre le mental et la matière ?

Classification par JUNG des phénomènes de synchronicité

Il semblerait que JUNG qui voulait rester un observateur froid et détaché soit parvenu à envisager le concept d'inconscient collectif comme principe générateur des étranges événements synchrones qu’il avait constatés dans sa pratique.

Il classa les phénomènes de synchronicité selon deux types :

  • des événements dont le synchronisme est vérifiable d'emblée par la coïncidence d'un état psychique de l'observateur avec un événement extérieur et objectif, simultané au premier et directement lié à cet état ou contenu psychique, où il n'existe aucune preuve du rapport causal entre l'état psychique et l'événement extérieur et où, en considérant la relativité psychique du temps et de l'espace, un tel rapport n'est pas concevable. Ce type de coïncidence donne lieu à la synchronicité la plus courante et la plus répandue
  • des événements dont le synchronisme sera vérifiable a posteriori par la coïncidence d'un état psychique avec un événement extérieur lui correspondant qui aura lieu en dehors du champs de perception de l'observateur càd. à distance et qui ne pourra être vérifié qu'a posteriori. Ce type de coïncidence peut apparaît dans des phénomènes de vision à distance, de clairvoyance et de télépathie.

On constate donc que la synchronicité comprend également certains phénomènes définis comme paranormaux ou métaphysiques. Ce n'est pas étonnant de la part de JUNG qui avait fait une thèse sur les phénomènes occultes et leurs rapports avec les pathologies psychiques.

Si l'on admet que le synchronisme entre l'état psychique d'un individu et un fait dans le monde de la matière puisse être une réalité , cela laisserait supposer d'une façon irrévocable qu'au-delà des lois connues de la physique, il en existerait d'autres que nous ne connaissons pas encore. Avec le temps, JUNG découvrit que la synchronicité et les rêves avaient leur véritable origine dans une entité objective et non subjective située dans ce qu'il appella l'inconscient collectif. Certaines synchronicités auxquelles JUNG assista lors des séances de psychanalyses avec ses patients furent spectaculaires.

Une jeune patiente reçoit dans un rêve un scarabée d'or. Le scarabée est un symbole égyptien de renaissance et cette spectaculaire synchronicité était donc pleine de sens : le message qu'elle entendait transmettre à la patiente était qu'elle devait se transformer et que la cause de son mal-être psychique se trouvait dans un rationalisme excessif dont elle devait absolument se libérer pour laisser émerger l'aspect intuitif de sa personnalité qu'elle avait réprimé jusque là et pourtant à l'origine de ses symptômes.

L'univers extérieur semblait ainsi venir en aide à la patiente afin de la défendre contre ses troubles tandis que cet épisode fournissait à JUNG un exemple sur le mystérieux mécanisme qui lie de façon acausale, synchrone, le psychisme humain à une mystérieuse trame universelle se trouvant au-delà du temps et de l'espace. Et pour percevoir le synchronicité, la seule façon serait de baisser son niveau de conscience rationnelle pour laisser place au pouvoir de l'intuition qui émerge directement de l'inconscient.

Synchronicité et archétypes

Dans un autre cas, JUNG se promène avec une patiente qui lui raconte son rêve où elle avait vu un renard dans la maison de ses parents ...et un vrai renard surgit sur le chemin de la promenade.

Des synchronicités de ce genre souvent associées à des rêves chargés de sens peuvent conduire à une résolution complète de certains troubles psychiques. JUNG l'avait très souvent vérifié. Pour JUNG, il y avait là non un mécanisme subjectif mais bien objectif qui émerge occasionnellement lorsqu'une personne s'en remet inconsciemment à ce qu'il appela les ARCHETYPES localisés dans l'inconscient collectif.

Situés à la frontière entre l'esprit et la matière, les archétypes peuvent déclencher des synchronicités en opérant comme un miroir entre l'état psychique et l'univers objectif extérieur à l'individu. Dans tous les cas, pour qu'un phénomène de synchronicité se produise, il est donc nécessaire que les fonctions mentales de la sphère du conscient faiblissent. D'après JUNG, ce serait la seule possibilité pour amplifier la voix de l'inconscient et faire en sorte que ce dernier puisse émerger à la surface de la conscience. Ce n'est que dans ces conditions seulement que l'inconscient peut entrer en contact avec les images primordiales des archétypes qui sont en outre de véritables centres d'énergie psychique.

Tout surgit de l'inconscient collectif

L'inconscient collectif, selon JUNG, n'est pas une réalité subjective mais une réalité psychique OBJECTIVE. Il est situé dans une dimension en dehors du temps et de l'espace qui constitue à la fois une espèce de mémoire de l'humanité et l'âme même de l'univers. C'est une sorte de conscience supérieure à laquelle sont reliées nos consciences personnelles.

Les rêves, comme les phénomènes synchrones, ne sont exprimés que sous forme symbolique, ce qui témoigne de leur lien avec l'inconscient collectif. Le symbole est son langage et constitue la seule façon de transmettre un message à qui le perçoit. La synchronicité donne donc un accès aux archétypes qui n'ont pas leur origine dans le monde des sens mais existent indépendamment de ces derniers. JUNG était convaincu que les archétypes naissaient spontanément dans l'esprit et les phénomènes de synchronicité qui surviennent soudain dans la vie d'un individu se produisent en fait par affinité entre ce que son psychisme a perçu au sein des archétypes et le monde extérieur. Il s’agit donc d’une affinité qui s'exprime à travers un mécanisme de résonance et non pas suivant des lois de causalité.

A travers l'expérience fulgurante de la synchronicité, il semblerait donc que l'univers soit étroitement relié dans toutes ses parties et dans tous les cas, la synchronicité survient comme un rapport concomitant d'événements sans lien de cause à effet. La synchronicité s'accomplit de façon plus spécifique encore lorsqu'un événement coïncide avec une pensée ou un état d'âme : c'est alors une véritable interaction entre l'esprit et la matière.

Théorie jungienne

Le psychisme humain est scindé en trois couches :

  • la conscience qui correspond à l'ordre
  • l'inconscient personnel qui correspont au chaos
  • l'inconscient collectif que Jung considérait comme OBJECTIF au-delà de l'expérience individuelle subjective, les archétypes étant le contenu imaginatif de l'inconscient collectif.

Dans l'optique jungienne, la psyché dépasse l'ego car elle embrasse une réalité beaucoup plus vaste unissant toutes les créatures. On peut considérer les événements synchrones comme une preuve empirique - même si on ne peut encore rien prouver d'un point de vue scientifique - de l'existence d'une unité indissoluble qui sous-tend le psychisme et la matière. Les synchronicités sont donc supposées donner accès aux archétypes jungiens.

D'après JUNG, lorsqu'un individu expérimente un grand nombre de synchronicités, il s'aperçoit au fil du temps qu'elles sont régies par un principe de réelle sagesse qui va bien au delà de ce que notre connaissance consciente peut concevoir. Ces coïncidences si riches de sens semblent indiquer que le monde intérieur, comme par exemple les rêves qui émergent de l'inconcient, n'est pas sans connaître quelque chose sur le monde extérieur dans lequel il vit.

Si nous admettons qu'une synchronicité puisse être la manifestation d'un rapport direct entre l'esprit ( une idée ou un rêve particulier ) et la matière ( un événement particulier ), cela signifierait que le monde physique et le monde psychique sont intimement liés.

Mais ce qui est important , ce n'est pas tant la coïncidence temporelle de certains événements que leur signification. Une personne individuée serait donc capable de donner forme à des événements à travers une interaction directe entre sa conscience et l'inconscient collectif. Il serait donc possible d'agir en harmonie avec les lois cachées de l'univers puisque ces lois n'agiraient pas comme comme une force sur l'individu mais dans le dessein de l'informer sur le meilleur chemin à prendre afin de s'harmoniser avec le tout. Les mécanismes de synchronicité feraient donc coïncider l'état psychique d'un individu avec un événement extérieur simultané.

Nous devons donc nous réapproprier nos rêves, retrouver une capacité à comprendre les événements synchrones dans notre vie et reconquérir ce centre perdu qu'est le SOI bien au-delà de la prison de l'ego.

Les mythes, comme les archétypes de JUNG, sont une réserve de vérités profondes et cachées, communiquées de façon mystérieuse. Ce sont les portails de l'inconscient collectif et pouvoir se relier à eux à travers des événements synchrones et des rêves devrait permettre à chaque individu de rééquilibrer sa santé psychique

La rencontre avec Pauli, prix Nobel en physique quantique

La vie de PAULI était en proie au désordre psychique, sa personnalité était instable, il s'adonnait à l'alcool et était très perturbé psychiquement. Il fut finalement pris en charge pour une analyse conduite par l'assistante de JUNG : il fit plus d'un millier de rêves symboliques qui auraient dévoilé la nature de ses inquiétudes.

Chez Pauli, la pensée avait complétement dominé et opprimé les sentiments et les émotions. Ses besoins intérieurs avaient été relégués dans une zone d'ombre et la raison de son mal-être résidait dans le fait que son intellect et son émotivité n'étaient pas équilibrés. Ses rêves déclenchés par les séances de psychanalyse lui firent retrouver une partie de son équilibre dès lors qui lui permettaient de se relier avec le contenu de son inconscient.

Les rêves de Pauli.

Son véritable projet était de construire un modèle physique capable d'unir la matière et l'esprit. Dans un rêve de 1934, Pauli rencontre Einstein qui lui dit que la physique quantique n'était que la partie unidimensionnelle d'une réalité beaucoup plus vaste. Ce rêve a pour but de le pousser à enquêter plus profondément sur le mystère qui unit l'esprit et la matière et qui génére des phénomènes de synchronicité entre les deux. Un autre rêve de PAULI, celui de l'horloge cosmique, fit comprendre à JUNG que les événements causaux du monde de la matière n'étaient en réalité absolument pas disjoints du monde synchrone où tout est lié. Le rêve symbolisait la façon dont l'univers fonctionnait dans sa dualité où causalité et synchronicité dominent en éternelle compétition.

Pauli semblait avoir compris que l'axe commun était probablement le monde des archétypes de l'inconscient collectif capable de mettre en communication synchrone un état psychique avec un événement du monde de la matière. Dans une lettre à JUNG, PAULI écrivait qu'il avait compris qu'il était impossible de construire un nouveau modèle de physique sans l'âme et sans l'amour : seul l'amour, selon lui, pouvait jeter un pont entre la physique, l'esprit et la psychologie. Mais PAULI tomba dans la dépression et ses tentatives d'unifier l'esprit et la matière n'aboutirent jamais.

PAULI se reconcentra alors exclusivement sur la physique quantique. Il ne parvint pas à unifier l'esprit et la matière mais il découvrit toutefois au sein de la matière même des signes qui lui faisaient croire en la présence d'un dessein de nature supérieure.

De son côté, JUNG continuait à chercher une explication à l'hypothèse de lois objectives qui régiraient l'inconscient collectif et les phénomènes de synchronicité qui sembleraient s'y produire. La pensée de PAULI aurait-elle établi les premières bases physiques de la synchronicité ? Certains aspects de la matière laissaient en effet présager une grande dimension psychique à la base de l'organisation de l'univers correspondant en tout point à l'inconscient collectif découvert par JUNG. D'un point de vue quantique, la réalité participe donc à une espèce de danse abstraite caractérisée par une harmonie des contraires ( symétrie et antisymétrie ) et le plus étonnant, c'est que cela se produirait sans cause matérielle. Pas de principe causal donc mais une réelle synchronicité qui unit simultanément toutes les particules dans une interconnexion indissoluble.

Le principe d'exclusion de PAULI est sans aucun doute sur le plan de la physique quantique en accord avec l'un des présupposés expérimentaux de la loi de synchronicité. En entrant dans le royaume des particules, nous prenons connaissance de l'existence d'une danse synchrone. Nos corps participent à cette danse universelle. Et si le champ de forme qui régit le monde n'était autre qu'une intelligence suprême, ( l'intelligence de Dieu pourquoi pas ? ) , qui communiquerait de façon synchrone avec ses particules, alors notre intelligence psychique devrait elle aussi forcément communiquer avec l'univers. Et c'est bien ce qui se passent quand notre inconscient personnel va directement piocher des archétypes hautement symboliques dans l'inconscient collectif.

Du langage analogique au langage scientifique

La rencontre entre JUNG et PAULI fut un véritable événement synchrone où leurs deux vies visaient à obtenir un seul résultat : trouver de manière interdisciplinaire une loi physique objective qui décrirait de façon rigoureuse et incontestable le champ de forme régissant tout l'univers aussi bien sous l'angle matériel que psychique.

Le paradoxe EPR (Einstein-Podolsky-Rosen) nous dit que si nous éloignons deux particules précédemment en contact, elles communiquent intantanément quelle que soit leur distance. JUNG était profondément convaincu qu'il était possible de rapprocher son principe acausal de synchronicité des nouvelles idées en train d'apparaître en physique. Il s'agissait d'un grand dessein qui semblait présupposer l'existence d'une intelligence ou d'un psychisme en amont. Au-delà du monde de la mécanique quantique, il existerait peut-être une autre dimension cachée , une réalité invisible.

Mais quelle serait donc cette réalité invisible capable de synchroniser les événements de la nature, d'où proviendrait-elle et en vertu de quelles lois s'accomplirait-elle exactement ? PAULI se rendit compte que tous les phénomène synchrones qui se produisaient dans la nature qu'ils soient à caractère humain ou quantique devaient obligatoirement avoir une matrice commune capable d'unir de façon synchrone le monde du psychisme avec celui de la matière. Sous l'influence de JUNG probablement, PAULI était convaincu par une intuition profonde que cette matrice invisible, capable d'assembler le monde, était l'inconscient collectif auquel l'inconscient personnel accédait occasionnellement à travers des rêves chargés de sens.

Si on suit PAULI, alors l'inconscient collectif perdrait sa nature exclusive de concept psychologique pour devenir cette réserve d'énergie psychique en dehors du temps et de l'espace qui gouvernerait non plus comme une FORCE mais comme une FORME qui informerait instantanément le monde de la matière. L'esprit (le psychisme) et la matière ne seraient donc pas disjoints mais interagiraient totalement de façon synchrone. Notre psychisme nous donnerait alors la capacité à nous relier à une grande source universelle qui nous unirait tous.

Quelle satisfaction si la physique et le psychisme pouvaient être considérés comme des aspects d'une même réalité....pensait sincèrement PAULI. La dimension qui se cache peut-être derrière la théorie quantique serait une dimension de la vie comprise comme un lien synchrone harmonieux entre la matière de notre corps et la substance éternelle de notre esprit.

Dans les mesures quantiques, la matière est l'observé alors que le psychisme ou l'esprit est l'observateur et tous deux interagissent de façon synchrone. Les véritables découvertes scientifiques naissent avant tout par l'intuition d'une réalité supérieure. La seule façon d'accéder à cette réalité supérieure est de se relier au règne des archtypes qui est une immense bibliothèque contenant sous forme symbolique tout l'univers.

Le nombre: l'archétype de l'ordre

L'appareil mathématique se base sur le nombre. Le nombre étant un archétype, il est directement lié à la synchronicité. Le nombre apparaît dans les symboles du "SOI" càd. de cette partie de nous-mêmes qui nous relie à l'inconscient collectif. Le nombre semble être utilisé par l'inconscient pour créer de l'ordre. Les nombres serviraient donc de médiateurs entre la réalité extérieure et la réalité mentale. Les nombres sembleraient représenter aussi bien un attribut de la matière que le fondement inconscient de nos processus mentaux. Le nombre et sa représentation mathématique qui s'exprime avec rigueur et force détails dans les traités de physique théorique serait donc le véhicule qui unit de manière synchrone deux réalités.

Il est donc probable qu'un langage neutre construit sur la base de ces représentations symboliques abstraites que sont les archétypes du nombre puisse donner une description hautement unifiée de tous les phénomènes tant intellectuels que psychiques. PAULI était un mystique des nombres et selon lui, la synchronicité ne pouvait se révéler que s'il existerait un substrat cosmique unissant tous les êtres de l'univers et le psychisme qui les accompagne.

Si dans la physique classique, chaque loi suit des principes étroitement régis par la causalité et décrite indépendemment de l'observateur, dans la physique quantique, par contre, on présuppose une interaction synchrone entre l'objet observé et l'observateur. Dans les phénomènes synchrones, il est donc impossible de distinguer l'observateur de l'observé : le psychisme et la matière se fondent en un seul tout.

Le diagramme psychophysique de Jung et Pauli

JUNG considérait l'existence de l'inconscient collectif dans le domaine psychologique et cognitif comme une réalité OBJECTIVE capable d'unir de façon synchrone le psychisme et la matière. Le psychisme inconscient et la matière ne sont donc pas deux choses distinctes. Le diagramme choisi par JUNG et PAULI pour représenter l'univers psychophysique est décrit sous la forme d'une croix. En haut de l'axe vertical, on y trouve le continuum psychique ou énergie psychique indestructible et en bas, l'espace-temps. Cette ligne verticale représente l'équation E=mc2 qui unit mathématiquement l'énergie et la matière. Sur la ligne horizontale, on trouve à gauche la loi de la causalité et à droite la loi de synchronicité : elles représentent respectivement l'ordre et le chos.

La grande révolution de ce diagramme, c'est que la synchronicité équilibre la causalité. L'importance de la synchronicité dans ce diagramme universel tient au fait qu'elle introduit le concept de sens qui est en effet au noeud de la synchronicité puisqu'un événement synchrone n'acquiert du sens que dans la mesure où celui qui l'expérimente y perçoit une signification immédiate.

La science traditionnelle se présente en effet comme une voie de connaissance rationnelle, rigide et basée sur les lois de la causalité. Cette dernière n'a jamais laissé d'espace à la dimension analogique de l'esprit mais seulement à sa dimension digitale faite d'une combinaison dialectique de oui et de non.

Il importe que les scientifiques fassent un saut qualitatif et changent la science à sa source pour se préoccuper de l'unité d'ensemble qui unit de façon synchrone les phénomènes entre eux.

PAULI eut le courage de tenter de jeter les bases d'une physique du futur, une physique née de l'interaction entre la conscience et la matière, entre la psychologie et la physique.

Il avait compris que la physique traditionnelle était contrainte de renoncer à l'orgueilleuse prétention de vouloir donner une explication théorique à la totalité du monde.

Et c'est justement le concept de synchronicité qui a rendu possible le dialogue entre la physique et la psychologie dès lors qu'elle comporte l'introduction d'éléments subjectifs dans la physique (des événements extérieurs) et d'éléments objectifs dans la psychologie (des états psychiques).

On peut donc espérer que l'univers finira par se dévoiler de telle façon que les événements subjectifs et objectifs deviendront des manifestations implicites d'un même phénomène.

Si cette nouvelle science voit le jour, ce sera une union harmonieuse entre la science et la sacralité càd. une compréhension consciente de l'univers à la lumière de notre exploration de l'inconscient.

A la recherche d'un langage pour décrire la synchronicité.

Ni le langage de la physique, ni celui de la psychologie ne sont assez efficaces pour décrire les phénomènes de synchronicité. En réalité, l'inconscient parle un langage physico-symbolique que nous devons transformer en un langage NEUTRE pouvant être compris par la conscience rationnelle. Les nombreux phénomènes de synchronicité que PAULI avait rencontrés avaient un seul sens : ouvrir l'esprit rationnel à l'idée de trouver un langage neutre qui - à l'aide de termes quasi physiques - pourrait décrire les processus de synchronicité avec rigueur dans un monde qui se situe bien au delà de la physique de la causalité et de la psychologie des profondeurs.

Cette nécessité d'unifier deux mondes au premier abord si antithétiques - la physique et la psychologie - découlait du besoin inconscient d'harmoniser les contraires de façon à créer une symétrie basée sur un seul axe portant : l'Homme.

PAULI croyait en une dimension NON physique au-delà de la mécanique quantique. Il savait qu'un langage scientifique neutre ne suffirait pas à résoudre totalement le problème psychophysique et qu'il faudrait y intégrer quelque chose qui allait au delà du savoir, l'AMOUR ( Eros ) qu'il n'était jamais parvenu à vivre avec plénitude. C'est peut-être ce qui l'empêchait de se sentir parfaitement en symétrie avec lui-même.

La symétrie entre le psychisme et la matière ne suffisait pas, il fallait encore trouver une HARMONIE entre le psychisme, la matière et EROS, cette force universelle qui ne se limite pas à faire émerger la conscience mais qui la fait vivre dans sa juste lumière. Le désir d'union entre la matière et l'esprit, la science et la religion, demeure unilatéral et profondément incomplet s'il reste confiné entre les murs abstraits de la seule intellectualité. Chercher l'unité dans l'univers extérieur signifie chercher l'unité et la symétrie au sein de sa propre vie. Exclure l'amour et l'eros de sa vie, c'est comme exclure l'action du soleil de la photosynthèse.

La synchronicité dans la science du troisième millénaire

Officiellement, la "synchronicité" comme thématique de la physique est restée un sujet TABOU dans notre civilisation. Le paradoxe EPR, déjà évoqué plus haut, suggère une vision de la réalité qui s'accomplit dans le domaine quantique et anéantit la tendance conventionnelle de l'esprit occidental à utiliser la méthode analytique et réductionniste pour fragmenter les élements de l'univers. En effet, deux systèmes quantiques de nature quelconque qui ont interagi au moins une fois ne peuvent plus être séparés. Les deux particules unies par le souvenir d'avoir été ensemble maintiennent des spin opposés même lorsqu'elles sont séparées. Une fois isolées, les particules maintiennent le même état de syntonie et ni le temps, ni l'espace ne les séparent .

S’agirait-il d'une conscience universelle qui unirait de façon acausale tous les éléments de la création ? Dans le cas de la synchronicité humaine, il s'agit d'une conscience individuelle qui, alors qu'elle accède de façon transitoire à la conscience universelle, se synchronise avec des événements de l'environnement.

La racine des deux formes de conscience ( universelle et individuelle ) serait la même : l'inconscient collectif, cette source universelle hors du temps et de l'espace qui, en faisant office de réservoir d'énergie psychique, injecterait dans la conscience de l'univers et des individus qui le peuplent une information significative, laquelle se synchroniserait avec des événements externes qui fonctionneraient comme des créations dans l'espace-temps.

L’information qui jaillit de la source universelle viserait à unir ce qui est apparemment fragmenté. Cette mémoire collective qui serait un véritable champ d'information ne résiderait pas dans le cerveau mais dans une zone comparable à l'inconscient collectif de JUNG. Il y a de bonnes raisons de penser que inconscient collectif, éther, vide, ordre impliqué sont des façons différentes de représenter le même concept qui est la matrice de l'unité et de la synchronicité de l'univers.

L'esprit pourrait aussi créer des formes à parti de l'inconscient collectif. mais dans ce cas, il s'agirait d'extraire des formes dont le projet archétypal existerait déjà dans l'inconscient collectif. La création de ces formes présenterait de façon non locale, cad. instantanée, une espèce de résonance psychique qui s'harmoniserait avec les archétypes universels avant de les matérialiser. Activé de manière particulère, le psychisme pourrait alors fonctionner comme un véritable portail ouvert sur des mondes parallèles au nôtre où l'esprit et la matière se compénètrent sans cesse de façon non locale et où pourraient loger des intelligences que pour le moment nous ne pouvons même pas concevoir.

Le Synchrodestin de Deepak Chopra.

Le paradigme de CHOPRA, médecin endocrinologue indien, dépasse les finesses psychologiques de JUNG pour aboutir à une philosophie de vie empreinte d'une sagesse basée sur le lien entre le corps, l'esprit, la spiritualité et la santé physique. La base de son paradigme est la synchronicité. CHOPRA a voulu montrer que savoir saisir la synchronicité dans notre vie signifie aussi garantir la santé de notre corps en interaction étroite avec l'intellect et l'esprit. Une vie satisfaisante et par conséquent la santé physique sont possibles si nous parvenons à saisir la trace de notre destin en suivant ce mystérieux mais fascinant jeu de relais que sont les synchronicités qui se répercutent au long de notre existence pour nous guider vers notre pleine réalisation. Savoir diriger son destin, savoir en comprendre les signes signifient transférer au corps santé et vivacité.

Le sens du destin personnel que l'on peut découvrir à partir des phénomènes de synchronicité est lui-même synchrone avec l'état de nos cellules. Nous vivons alors en synchronisme avec l'univers dans son ensemble. CHOPRA nous dit que dans la vie, il n'y a pas de hasard mais seulement un dessein que nous n'avons pas encore compris. Le cosmos est structuré de façon à porter à la croissance et la croissance suit toujours la direction de plus d'amour et de bonheur. Si nous expérimentons nos esprits comme multidimensionnels, nous nous approchons de l'esprit de Dieu lequel contient toutes les dimensions.

Je crois, nous dit CHOPRA, que toutes les coïncidences sont des messages du non manifesté. Notre âme, identifiée avec le psychisme n'est autre qu'un point de jonction entre le temps et le non temps. Les phénomènes de synchronicité qui surviennent dans la sphère humaine permettent de réactiver notre âme justement entendue comme un pont entre deux mondes puisque ces phénomènes se produisent lorsqu'un état psychique se synchronise avec un événement externe.

En nous synchronisant avec le flux de notre destin, nous en devenons les créateurs.

Nous n'agissons plus ainsi en tant qu'EGO mais en suivant notre SOI qui est le terminal d'un cosmos infini, la principale porte qui nous relie aux archétypes sur lesquels se fonde l'harmonie du dessein universel. Atteindre le but de sa vie à travers une bonne perception des phénomènes de synchronicité est un miracle accessible à tous. Le message est très simple : lorsque surviennet des coïncidences, il ne faut pas les ignorer parce qu'elles ont eu lieu pour nous apprendre quelque chose. L'important est donc de savoir saisir le symbole...qui peut prendre des formes aussi variées que la rencontre de personnes singulières, la découverte de certains objets, la rencontre d'animaux à valeur symbolique, des rêves caractéristiques.

Dans les situations difficiles, nous sommes souvent portés à pleurer sur notre sort. Nous ne comprenons pas que ces situations ne sont pas là pour nous nuire mais pour nous pousser à nous transformer. Ce n'est qu'en sortant de notre EGO et en réintégrant notre SOI que nous pouvons nous en rendre compte.

Porter attention aux coïncidences signifiantes devrait être une attitude instinctive. Et l’auteur conclut qu'en embrassant ces incroyables miracles que sont les phénomènes de synchronicité qui éclairent notre quotidien, nous nous apercevons que nous sommes sur un chemin qui nous conduit vers un but, un destin. Nous ne sommes plus alors de passives marionnettes mais participons activement à notre vie et à l'univers dans son ensemble.

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Commentaires

Commentaire de Noel Bureau

Publié le 02 janvier 2013

Jung a-t-il suggéré un plan ou une méthode pour classer ses propres coïncidences afin d'en tirer un enseignement personnel pour parvenir à découvrir son destin ?