Article pubié le 30 septembre 2013

Un génosociogramme est une sorte d'arbre généalogique fait dans un premier temps de mémoire (c'est à dire sans recherche d'informations et de documents) complété des évènements de vie importants (avec leur date et leur liens) et du contexte affectif (liens sociométriques marqués par des flèches ou des traits de couleurs).

Le génosociogramme, surtout connu du grand public depuis les travaux de Anne Ancelin Schützenberger, est une extension du génogramme ,surtout utilisé en thérapie familiale et en psychiatrie ,qui est la représentation graphique schématique d'une famille, rassemblant sur un même schéma: les membres de celle-ci (le plus souvent sur deux ou trois générations), les liens qui les unissent et les informations biomédicales et psychosociales qui s'y rattachent.

Construire son génosociogramme est à la base de toute démarche en psychogénéalogie et de tout travail visant à exploiter le sens des liens entre générations, intergénérationnels et transgénérationnels (invisibles et inconscients).

Il est conseillé d’initier le dessin d’un génosociogramme de mémoire (sans faire de recherches particulières car il ne s’agit pas un arbre généalogique classique qui tenterait simplement de situer la parentèle de générations en générations.

Ce qui est important, c'est la façon dont l'auteur de cet arbre "fantasmatique" perçoit les personnages et les liens qui les unissent et qui le lient à ses ascendants et collatéraux et à leurs rôlse. Ce sont même parfois les blancs, les trous de mémoire de la famille qui en disent long et ce qui a été "rayé" de la mémoire familiale.

Extrait de: "Aïe mes aïeux". Anne Ancelin Schutzenberger.

Ce premier travail effectué, il est alors conseillé d’entreprendre une enquête généalogique systématique sur la famille via des documents officiels (registres, actes, etc.) sur un minimum de quatre à sept générations (si possible).

Le génosociogramme est l'outil principal qui permet de mettre en évidence les phénomènes de répétition: les accidents, les maladies, les deuils non résolus, les non-dits, les syndromes d’anniversaire (ou syndrome de répétition), les mythes familiaux.

Sur un plan pratique

Pour que cela soit très visible, compréhensible et intégrable du même coup d’œil, on dessine le génosociogramme sur de grandes feuilles de papier que l’on assemble au fil des associations de pensées et des réactions émotionnelles de la personne qui travaille.

Les personnages de la famille ainsi que les personnages contextuels importants sont représentés graphiquement à l’aide de symboles (par exemple un carré pour les hommes, un cercles pour les femmes).

On inscrit aussi les liens entre les personnages et la qualité de ceux-ci ,en indiquant généralement les informations en noir, les évènements et les liens positifs en vert, les liens négatifs et les événements fondamentalement importants, marquants ou dramatiques en rouge.

Le génosociogramme englobe cinq à sept générations, comporte certains faits de vie qui mettent en évidence les liens entre enfants, parents et grands-parents. marque les dates (mariages, naissances, décès, déracinements…), les faits importants de l’histoire de vie de la famille (niveau d’études, professions, séparations, remariages, maladies et accidents, déménagements, traumatismes, incendies, catastrophes, décès prématurés…) et les liens affectifs entre les personnes,etc.

Qu’apporte la réalisation d’un génosociogramme ?

La connaissance de notre psycho-histoire familiale est indispensable, d’ailleurs ,en France , le législateur l’a bien compris et a mis au programme du CM2 la réalisation de l’arbre généalogique.

L’utilisation du génosociogramme aide à comprendre la situation actuelle d’une personne, adulte ou enfant, dans son contexte réel car pour aider une personne il est important de savoir d’où elle vient et quels traumatismes familiaux, socio-économiques et culturels elle ou sa famille ont vécu.

La réalisation et la lecture du génosociogramme pointent les traumatismes vécus par les membres d’une famille apportent une image globale de l’histoire individuelle et du parcours familial d’une personne .

Avec le génosociogramme, on voit que les traumatismes se retrouvent tout au long d’une histoire, souvent sur plusieurs générations. Cet outil permet également de prendre en considération les traumatismes individuels et familiaux liés à l’histoire : exil, guerre,déportation, tremblements de terre, épidémies etc.

Le génosociogramme permet aussi de bien organiser une enquête psychogénéalogique en mettant en évidence de façon visuelle les bonnes questions à poser et les personnages susceptibles de détenir des souvenirs et des informations sur l’arbre familial et son histoire.

L’utilisation d’un génosociogramme facilite aussi la parole entre les membres de la famille, y compris les enfants, car partir de questions simples sur des événements importants, enfants et adultes peuvent plus facilement parler de tout. Au fil des séances, La personne va mobiliser sa propre mémoire mais aussi celle des membres de la famille, de façon très naturelle, elle interroge d'abord ses parents et ses grands parents s'ils sont encore vivants mais aussi des cousins, des parents plus éloignés qui possèdent aussi leur vision de cette histoire familiale; toute cette recherche aura pour effet de retisser les liens, souvent aussi d'en créer des nouveaux. La confrontation de différents points de vue est une riche expérience: les entrecroisements de récits avec parfois leur contradictions viennent bousculer des histoires qui semblaient bien installées.

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